Bordeaux Primeurs 2015: coups de cœur (Part I)

 

Chaque année, début avril, VINO participe aux dégustations des « primeurs de Bordeaux », organisées depuis 1971 par l’Union des Grands Crus de Bordeaux. Un évènement exceptionnel qui mobilise les professionnels et journalistes du monde entier qui permet notamment aux négociants d’acheter des grands crus réputés après les vendanges. Cette procédure, typiquement bordelaise, s’appelle « la vente en primeur ». Les avantages ?  L’acheteur est censé payer des vins  moins chers  qu’il recevra au plus tôt dans 18 mois, le propriétaire se réjouit pour sa trésorerie. Il s’agit d’une spéculation qui n’est pas sans risques. Il est arrivé, selon la loi de l’offre et la demande, que lors de la mise sur le marché, les prix diminuants, précarisent cette méthode qui peut alors se comparer à une loterie.

Mais cette opération entretient surtout d’excellentes relations publiques pour les châteaux les plus huppés mais aussi une occasion privilégiée pour se faire une idée générale sur la qualité de ce millésime à peine né.

Nous avons dégustés, l’ensemble des appellations bordelaises, des échantillons prélevés en cours d’élevage, dont la plupart ne sont pas encore mis en bouteilles. Ces crus dégustés beaucoup trop jeunes, ne sont que des estimations à analyser avec discernement et à confirmer, sans oublier que La dégustation est une école de modestie.  (Abi Duhr (œnologue), Bernard Sirot et Louis Havaux)


Un  millésime  2015 très réussi sans être un nouveau millésime du siècle !

Bordeaux est une immense région viticole avec des conditions climatiques qui ne sont pas identiques parmi ses différentes appellations. Malgré les éloges  entendus bien avant les vendages, ce millésime est un plus hétérogène que nous espérions, la pluie a parfois handicapé certaines régions, notamment dans le nord du bordelais en « rive gauche ». Cela n’empêche pas que d‘autres régions ont brillé plus que d’autres. Comme chaque année, on constate aussi que les mêmes crus se positionnent souvent dans la cour de grands.

« Ne boudons pas notre plaisir » …

…déclarent  ci-dessous, le professeur Denis Dubourdieu et son équipe d’œnologues de l’Université de Bordeaux : » qui publient leur communiqué officiel, légèrement euphorique, selon nous :

« Un millésime exceptionnel en  qualité et en quantité. Pour y parvenir il faut une floraison et une nouaison (formation des  baies) précoces et rapides dans un climat chaud et peu arrosé pour assurer une bonne fécondation  et prédisposer à une maturité  homogène. Ensuite, une contrainte hydrique grâce à un mois de juillet et août  chaud et sec stoppèrent  progressivement  la croissance  de la vigne avant la véraison (début de la maturité et des couleurs sur les raisins). En finale un beau temps, faiblement arrosé pendant les vendanges permettant  d’atteindre la maturité optimum dans  chaque parcelle.  Toutes ces conditions étaient parfaitement réussies ».

 

Les premiers « coups de cœur » d’Abi Duhr

Nous avons éliminé dans cette liste les 5 premiers de 1855 devenus inabordables…

Bordeaux blancs : cette année nettement moins marqués par le sauvignon végétal. Le comte stefan von Neipperg  signe son premier millésime le « Blanc d’Aiguilhe à Castillon, le Marjosse blanc  l’Entre-Deux-Mers de Pierre Luron (gérant de Cheval-Blanc et Yquem), le Valandraud blanc, Jean Faux. : Puygueraud et les Charmes-Godard (Francs)

Pessac-Léognan Blanc : Smith Haut Lafitte, Domaine de Chevalier, Clos Marsalette, Malartic-Lagravière, Pique-Caillou,  Fieuzal, Pape Clément…

Sauternes-Barsac : une année agréable sur le fruit, la fraîcheur et l’élégance : Yquem,  de Fargues,  Doisy-Daëne…

(Part II)
Les vins rouges 

(par Louis Havaux, Bernard Siort, Abi Duhr)